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Samedi 27 janvier 2007

Le virus A de sous-type H5N1 mute et s'humanise un jour d'octobre, à Hanoï (Vietnam). Le premier homme infecté par la nouvelle souche virale demeure quelques jours sans symptômes ; il transmet la maladie à deux de ses proches. Le temps que les autorités prennent conscience de la situation, ce sont une vingtaine d'individus qui sont touchés.

N.B: article blog sur la durée incubation des virus influenza

Ensuite ?

Des chercheurs français et italiens publient, dans la revue PLoS Medicine, (cliquez, le lien est actif) un modèle de propagation par le trafic aérien d'une pandémie de grippe aviaire.

En supposant que le virus parte d'Hanoï en octobre, que chaque porteur infecte à son tour en moyenne 1,7 personne et que les pouvoirs publics restent inactifs, le modèle fait un sombre pronostic.

En Asie du Sud-Est, l'épidémie atteint son pic en six mois et frappe au total 46,5 % de la population.

Ce pic est atteint au même moment ou presque en Europe occidentale et en Amérique du Nord, touchant 1,8 % à 2 % de la population.

Deux à trois mois plus tard, le maximum épidémique survient en Amérique latine, dont environ 45 % de la population est touchée...

En postulant cette fois que les gouvernements agissent en utilisant "égoïstement" leurs stocks d'antiviraux, la survenue du pic épidémique est décalée de deux à quatre mois.

Mais les pays pauvres connaissent des taux d'infection toujours élevés, de 20 % à 35 %. Les pays riches parviennent, eux, à limiter l'incidence de la maladie à environ 0,06 %.

Une gestion "altruiste" des stocks d'antiviraux change la donne.

"Si les pays riches acceptaient d'en verser ne serait-ce que 10 % à un fonds capable de les distribuer en fonction de l'avancée du virus, notre modèle prévoit un impact très réduit de la pandémie", dit Alain Barrat (CNRS), coauteur de ces travaux.

Cette gestion "altruiste" réduirait l'incidence de la maladie en Asie du Sud-Est à seulement 1,8 % de la population et à environ 0,006 % en Amérique du Sud.

Elle profiterait aussi aux pays du Nord : le nombre de malades y serait divisé par 100 par rapport au scénario "égoïste". Surtout, une gestion "altruiste" des médicaments "repousserait d'un an le pic épidémique, laissant le temps de développer un vaccin", dit M. Barrat.

Note ryback: Cet article plus précis vient en complément de celui traitant de modèles mathématiques contre la grippe aviaire abordé sur le blog

source: Le monde.fr

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