Ce qui suit est un condensé qui provient d'un article du point: (source complète en fin d'article).
Quand la grippe aviaire frappera...
Pour se protéger d'une grave épidémie, la société doit employer les grands moyens, avec un seul objectif : la sauvegarde du groupe, parfois au détriment de l'individu.
Note ryback: Cette introduction qui peut également être une conclusion nous plonge directement dans les choix qui devront être effectués pour en arriver à cette solution. Comment, pourquoi sont les premieres questions qui nous viennent en tête après lecture de ce texte.
Si une épidémie de grippe aviaire venait à ravager la France, préparez-vous à quelques surprises.

En effet les autorités médicales et sanitaires, auprès desquelles vous aurez le réflexe de vous réfugier seront amenés à protéger le groupe plus que l'individu , selon la formule inquiétante du docteur Xavier Emmanuelli, anesthésiste-réanimateur et président du Samu social.
En temps normal, la règle veut qu'on s'occupe en priorité des malades les plus atteints, des patients les plus fragiles ou de ceux qui sont arrivés les premiers dans la salle d'attente.
Face à une pandémie capable d'atteindre une grande partie du globe, tout est différent.
Les malades seront sélectionnés en fonction de leurs chances de s'en sortir mais, à gravité égale, d'autres critères interviendront car on ne pourra pas soigner tout le monde.
Les spécialistes appliqueront ce qu'on appelle le « principe d'efficacité et de performance ».
Il faudra sauver en priorité les vies les plus « utiles ». Comme celles des professionnels indispensables au fonctionnement de la société. Autrement dit, si vous êtes un adulte jeune, que vous avez des diplômes, un métier et des enfants, on s'occupera mieux de vous que si vous êtes une personne âgée, un enfant ou un chômeur...
Le médecin devra, devant une foule se pressant dans le hall de son hôpital, indiquer les personnes qui pourront avoir accès aux lits de réanimation et celles qu'on enverra dans un centre de quarantaine, même si elles ont besoin de soins hospitaliers intensifs.
Comme le dit Xavier Emmanuelli, « le triage n'est pas éthique »... Et pourtant ce sera bel et bien, face à une pandémie, la mission des personnels de santé et des autorités sanitaires.
La définition des priorités: C'est pour réfléchir à ces problèmes qui ne manqueront pas de se poser si une épidémie déferlait en France que le ministère de la santé organise, vendredi 15 septembre, un colloque national intitulé « Ethique et pandémie grippale ».
Des experts y discuteront de la restriction des libertés individuelles en cas d'épidémie, de la mobilisation de la recherche ou encore de l'attitude envers le monde animal et bien sûr des méthodes de traitement.
De ce côté, il faudra probablement gérer la pénurie.Car même si le ministère de la santé a pris le soin de constituer des stocks importants de médicaments antiviraux, il n'y en aura pas pour tout le monde.
Faudra-t-il les réserver strictement aux malades ou en prescrire « à titre préventif » aux personnes les plus exposées ?
Il faudra aussi définir des priorités pour les vaccins. Et les imposer dès que les premiers produits adaptés arriveront sur le marché, soit après quatre à six mois d'attente ! Les tentatives de passe-droit et les pressions en tout genre vont alors se multiplier.
Tous les experts qui réfléchissent aux conséquences d'une épidémie grippale sévère - et notamment le professeur Didier Houssin, directeur général de la santé et délégué interministériel à la lutte contre la grippe aviaire - sont conscients du travail qu'il reste à fournir pour espérer que ces principes soient socialement acceptés et respectés.
Cela suppose une très large participation des responsables politiques et des décideurs, mais aussi de tous les principaux acteurs et des citoyens. D'où le projet de multiplier les réunions d'information et de sensibilisation dans tout le pays, ainsi que de rappeler régulièrement les droits et aussi les devoirs de chacun.
Mais ce sont surtout les réactions du reste de la population, donc de la majorité des Français, qui inquiètent les responsables.

Plusieurs types de comportements vont émerger : il y aura les altruistes ou les égoïstes, les incrédules ou les accablés, les obéissants ou les rebelles.
Sans que l'on sache à l'avance comment nos proches et nous-mêmes allons nous comporter. Certains sont transcendés par l'imminence du danger et risquent d'en faire trop.
Pas facile de se préparer à affronter une épidémie. A fortiori de grippe aviaire, puisque l'on ne connaît pas encore précisément notre futur ennemi (le virus qui aura réussi à passer de l'animal à l'homme puis à se propager d'homme à homme), ni sa dangerosité exacte.
D'où cette dernière question, encore plus compliquée : est-il justifié d'investir des sommes énormes en prévention d'une catastrophe qui ne se produira peut-être jamais ? Devant ce dilemme éthico-économique, les experts soupirent :
« on nous reprochera toujours d'en avoir fait trop, si rien n'arrive, et pas assez si le scénario noir se produit. » Ils sont décidés à explorer toutes les hypothèses, à affiner toutes les stratégies de lutte, pour que ces dépenses n'aient pas été vaines, quel que soit le nouveau type de crise sanitaire que l'on aura immanquablement, un jour ou l'autre, à surmonter.
Article rédigé par Anne Jeanblanc.
source de l'article: le point - 2° source
Note ryback: C'est un article très intéressant qui doit absolument faire l'objet d'une information publique. Comment vont se comporter les gens, qui assurera l'exécution des décisions. Décidément, cet article met le doigt sur un gros problème découlant d'une éventuelle pandémie et même si la pandémie est une chimère, il est préférable que les questions relatives au texte ci-dessus trouvent une réponse. Après il sera trop tard.
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